sábado, 18 de diciembre de 2010

Episode 4 / Episodio 4

Episode 3 / Episodio 3





-          Abel !

La comtesse se réveilla en sursaut. Elle était seule, bien entendu. Mue par une intuition subite, elle se leva et alla regarder par la fenêtre de sa chambre. Quelques nuages tentaient vainement de masquer la lune qui éclairait magnifiquement la roseraie. Tout paraissait calme.
Alzaina sourit. Quel rêve stupide !

Elle allait se recoucher quand elle se raidit.. Elle retourna à la fenêtre et regarda plus attentivement le jardin en contrebas, mais elle ne vit toujours rien d’anormal.
« On » lui disait que quelque chose d’étrange s’était passé à la roseraie. Alzaina, se décida à braver la fraîcheur de la nuit. Elle passa rapidement une robe, se munit d’une lanterne, descendit les escaliers et vola jusqu’à la roseraie.

Tout paraissait à sa place.

Le vent sifflait à ses oreilles, elle frissonna et comprit.

La rose noire était revenue.


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-          ¡Abel!

La condesa se despertó repentinamente. Desde luego, estaba solo. Alarmada por una intuición subita, se levantó y se fue a mirar por la ventana de su habitación. Algunas nubes intentaban enmascarar en vano a la luna que iluminaba espléndidamente la rosaleda. Todo parecía tranquilo.
Alzaina sonrió. ¡Qué sueño más estúpido!

Se iba a volver a acostar cuando se tensó. Volvió a la ventan y miró más atentamente el jardín abajo, pero siguió sin ver nada extraño. 
Le estaban diciendo que un evento curioso se había producido en la rosaleda. Alzaina se decidió a aguantar la frescura de la noche. Se puso rápidamente un vestido, cogió una linterna, bajó las escaleras y voló hacia la rosaleda. 

Todo parecía estar en su sitio. 

El aire silbaba en sus oídos, se estremeció y entendió. 

La rosa negra había vuelto.

miércoles, 15 de diciembre de 2010

Episode 3 / Episodio 3


Abel renoua ses cheveux, inspira profondément, se signa puis cessa de regarder derrière lui.
La lune était ronde et éclairait le chemin aussi parfaitement que le soleil, mais avec plus de pudeur.
Quelques hululements se faisaient entendre au loin. La route de l’ouest n’était pas la plus sure de jour, de nuit c’était évidemment bien pire. Mais Abel et Caïn étaient un couple très silencieux. De plus, la confiance de celui qui a pris la bonne décision habitait le cavalier. Il n’aurait pas supporté de s’en aller en plein jour.

Le couple chemina. Abel pensa beaucoup à ses anciens compagnons d’arme, beaucoup à la comtesse, il la respirait encore. De temps, il s’arrêtait et écoutait le silence, sentait la nuit de printemps. Il fermait les yeux, mais ne ressentait pas de fatigue.
La nuit était sereine et dégagée. Il y aurait donc beaucoup de fraîche rosée le lendemain. Il s’en enduirait le visage.
Abel et Caïn n’étaient pas seuls, cette nuit ils étaient touchés par la grâce, c’est à peine s’ils frôlaient le sol. Caïn semblait Pégase, Abel semblait Gabriel. Pas un loup, pas un bandit, pas même une pierre trébuchante n’auraient osé s’approcher à moins de cent mètres du cavalier et de sa monture.
Ils ne craignaient pas les mauvaises rencontres, ils ne pouvaient pas en faire.

Au petit matin, Abel s’arrêta près d’un cours d’eau. Il attacha son cheval, s’allongea à côté de lui et s’endormit.

A quelques pas, quelqu’un les regardait.

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Abel volvió a atar su cabello, inspiró profundamente, se santiguó y dejó de mirar hacia atrás.
La luna era redonda e iluminaba el camino tan perfectamente como el sol, pero con más pudor.
Se podían oír algunas ululaciones en lo lejos. El camino del oeste no era el más seguro de día, de noche era desde luego bastante peor. Pero Abel y Cain era una pareja muy silenciosa. Además, la confianza de alguien que ha tomado la decisión correcta habitaba al jinete. No podría haber soportado irse de día.
Abel renoua ses cheveux, inspira profondément, se signa puis cessa de regarder derrière lui.

La pareja caminó. Abel pensó mucho en sus antiguos hermanos en armas, mucho a la condesa, aún la respiraba. De vez en cuando, se detenía y escuchaba el silencio, oliendo la noche de primavera. Cerraba los ojos, pero no sentía ningún cansancio. 
La noche estaba serena y sin nube ninguna. Habría por lo tanto mucho fresco rocío por la mañana. Se lo untaría sobre el rostro.
Abel y Cain no estaban solos, aquella noche la gracia les había tocado, apenas rozaban el suelo. Cain parecía Pegaso, Abel parecía Gabriel. Ni un lobo, ni un ladrón, ni siquiera una piedra tramposa se habrían atrevido a acercarse a menos de cien metros del jinete y de su montura.
No temían hacer malos encuentros, no podían hacerlos.

De madrugada, Abel se detuvo cerca de un arroyo. Ató a su caballo, se tumbó a su lado y se durmió.

Muy cerca de ellos, alguien les estaba mirando. 

martes, 14 de diciembre de 2010

Boris Akounine / Boris Akunin



On prête un fond ésotérique aux romans de Jules Verne ou aux aventures d'Arsène Lupin, par exemple. Je ne saurais (hélas) dire si ces rumeurs sont fondées. Je ne crois pas que les romans d'aventure de Boris Akounine empruntent de manière clandestine ce genre de chemins, mais ils ne  manquent pas d'une certaine profondeur. De plus, et c'est bien le principal, les aventures sont bonnes !
L'auteur écrit plusieurs séries, la plus prolifique étant les aventures d'Eraste Fandorine, situées dans la Russie de la fin du XIXème siècle. Le récit est intense et non dénué d'humour.
Je ne saurais que trop conseiller les deux romans suivants : L'attrapeur de libellules, et Pélagie et le Moine Noir.

"...
Mylnikov se mit à quatre pattes, éclaira sous la table, quoique l'on pût difficilement imaginer l'agent s'amusant à jouer à cache-cache.
Evrasti Pavlovitch regagna le vestibule en marmonnant : "Seigneur Dieu, Marie reine des cieux..."
Il repoussa les agents, se précipita sur la porte du milieu, cette fois armé de son revolver et non plus de sa matraque.
C'était la chambre à coucher.  Dans un coin, on voyait un lavabo, derrière un rideau se trouvaient la baignoire, la cuvette des cabinets, ainsi qu'un drôle de récipient en porcelaine vissé au sol.
Personne ! Par la fenêtre, la lune avec sa face grêlée le regardait en biais, l'air narquois.
Il la menaça avec son revolver et, sans plus craindre le fracas, entreprit d'ouvrir en grand les placards. Il regarda sous le lit, et même sous la baignoire.
Le Japonais avait bel et bien disparu. En emmenant avec lui trois des meilleurs agents de Mylnikov.
Evrasti Pavlovitch prit peur : n'était-il pas victime d'une altération de ses facultés mentales ? Il se mit à crier :
- Saplioukhine ! Lépinch !
Les agents ne répondant pas, il retourna seul dans l'entrée.
Seulement, là, il n'y avait déjà plus personne.
..."
Boris Akounine, "L'attrapeur de libellules"

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Se dice que novelas como las de Jules Verne o las aventuras de Arsène Lupin, por ejemplo, tienen un trasfondo esotérico. No sabría decir (desgraciadamente) si esos rumores son ciertos. No creo que las novelas de aventura de Boris Akunin caminen clandestinamente por esos derroteros, pero no les falta cierta profundidad. Además, y eso es fundamental, se trata de aventuras muy buenas!
El autor está escribiendo varias series, siendo la más fructífera las aventuras de Erast Fandorin, situadas en la Rusia del final del siglo XIX. El relato es intenso y no está deprovisto de humor.
Aconsejo insistentemente las dos siguientes novelas: Pelagia y el monje negro, y El carro de diamantes.

"...
Mylnikov se puso a andar a cuatro patas, iluminó bajo la mesa, aunque era difícil imaginar al agente divirtiéndose jugando al escondite.
Evrasti Pavlovitch volvió al vestibulo mascullando: "Señor Dios, María reina de los cielos..."
Apartó a los agentes, y se precipitó sobre la puerta del medio, teniendo esta vez su pistola como arma, y ya no su porra.
Era el dormitorio. En un rincón, se podía ver un lavabo, detrás de una cortina se encontraban la bañera, la taza de los aseos, así como un recipiente raro, clavado en el suelo.
¡Nadie! La luna con su cara picada de viruelas le miraba de soslayo, por la ventana, con un aire burlón.
La amenazó con su pistola y, dejando de temer los estrépitos, empezó a abrir las armarios en grande. Miró bajo la cama e incluso bajo la bañera.
El Japonés habñia desparecido por completo. Llevándose consigo a tres de los mejores agentes de Mylnikov.
Evrasti Pavlovitch se asustó: ¿no era víctima de una alteración de sus facultades mentales? Se puso a gritar:
- ¡Sapliukin! ¡Lepinch!
Como los agentes no contestaban, volvió a la entrada, solo.
Pero, allí, ya no había nadie.
..."
Boris Akunin, "El carro de diamantes"

lunes, 13 de diciembre de 2010

Episode 2 / Episodio 2




-          Bonjour Abel. Alors comme ça vous partez ?

Les quelques clients de l’auberge arrêtèrent leur bavardage et attendirent que l’homme vêtu de noir, entré quelques minutes auparavant, répondît. Abel prit son temps pour répondre. Il scruta l’aubergiste, puis dit.

-          Effectivement, je pars.
-          Vous reviendrez bientôt ?
-          Je ne sais pas. Le plus tôt possible. J’ai mes attaches ici, comme vous le savez.

Un bref ricanement se fit entendre. La liaison de l’étranger avec la comtesse, veuve courtisée par la moitié du pays, avait fait jaser. Et puis, peu à peu, chacun s’y était habitué. L’homme parlait peu, il était humble et serviable, et ne cherchait pas les problèmes. On s’en était accommodé.

-          Je pars cette nuit même.
-          Et vous allez où ? Si c’est pas indiscret…

« Je pars pour un pèlerinage incertain, là oú le Seigneur voudra m’envoyer » eut été la réponse la plus sincère. Mais elle n’aurait pas été comprise.

-          A l’Ouest, je vais vers l’Ouest. Certaines affaires m’y mènent.

Abel s’installa à une table au fond de l’unique pièce et la discussion fut close.
Il dénoua ses cheveux et attendit que la fille de l’aubergiste vînt le servir.

Il lui sourit puis mangea sans prononcer un mot. Puis, il attendit que la nuit tombât, plongé dans une méditation.
Choisir entre la comtesse et la voie qui lui avait été préparée lui avait pris beaucoup plus de temps qu’il ne l’aurait pensé. Même maintenant, alors que son choix était bien arrêté et qu’il n’allait pas revenir dessus, sa gorge restait nouée. Certaines choses avaient été écrites avec une pointe de fer incandescent au fond de son âme, de belles choses et de moins belles également. Le temps ferait son office, mais lentement.

Abel fut l’un des derniers clients à quitter l’auberge car il avait voulu partir à la nuit tombée, et bien tombée. Il s’enroula dans sa cape, pris son sac et salua l’aubergiste.
Il s’en fut aux écuries, sortit Caïn et l’enfourcha.

Les soldats qui gardaient la porte ouest de la ville regardèrent comment un cavalier insensé avait quitté la sécurité des remparts de la ville pour s’aventurer sur les routes de nuit. Mais bon, après tout, Abel avait également été soldat et il devait certainement savoir ce qu’il faisait.


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-        Buenas tardes Abel. Así que se marcha...

Los escasos clientes del albergue dejaron su conversación y esperaron a que el hombre vestido de negro, llegado unos minutos antes, contestase. Abel tomó su tiempo antes de responder. Miró fijamente al dueño del lugar, luego dijo.

-          Efectivamente, me voy.
-          ¿Volverá pronto?
-          No lo sé. En cuanto antes. Tengo fuertes vínculos con este pueblo, como bien sabe.

Alguien soltó una breve risa sarcástica. La relación entre el extranjero y la condesa, viuda codiciada por la mitad del país, había dado lugar a mucho cotilleo. Pero poco a poco, todos se habían acostumbrado a ello. El hombre hablaba poco, era humilde y siempro listo para ayudar, y no se metía en problemas. La gente le había aceptado.

-          Me marcho esta misma noche.
-          ¿Adónde? Si se puede saber, claro...

« Voy a hacer un incierto peregrinaje, hacia donde el Señor tenga a bien mandarme» habría sido la respuesta más sincera. Pero no la habrían entendido.

-          Hacia el Oeste, voy hacia el Oeste. Algunos asuntos me llevan allí.

Abel se sentó en una mesa en el fondo de la única sala y se acabó la conversación.
Desató su cabello y esperó a que la hija del dueño viniera a servirle.

Le sonrió, luego cenó sin pronunciar una sola palabra. Después, espero a que cayera la noche, meditando profundamente.
Elegir entre la condesa y la vía que le había sido preparada le había costado mucho más de lo que él había pensado en un principio. Incluso ahora, a pesar de que su elección era firme y que no iba a volver a cuestionarla, tenía un nudo en la garganta. Algunas cosas se habían escrito con una punta de hierro en lo más profundo de su alma, cosas bellas y no tan bellas también. El tiempo cumpliría con su función, pero despacio.


Abel fue uno de los últimos clientes en dejar el albergue ya que había querido irse una vez caída la noche, y bien caída incluso. Se abrigó en su capa, cogió su mochila y se despidió del dueño.
Se fue a la cuadra y montó sobre Cain.
Los soldados que vigilaban la puerta del oeste de la ciudad miraron como un jinete insensato estaba dejando la seguridad de las murallas de la ciudad para aventurarse sobre caminos, de noche. Pero bueno, después de todo, Abel había sido también soldado y seguramente sabía lo que hacía.

viernes, 10 de diciembre de 2010

Episode 1 / Episodio 1


La femme posa sa main sur la croupe du cheval et regarda le cavalier.

-          Quand reviendras-tu ? demanda-t-elle
-          Je ne sais pas. Le plus tôt possible.

L’homme descendit de sa monture et baisa la main qui lui fut tendue. Le couple s’embrassa et s’embrassa encore.

Les chuchotements se mêlèrent aux larmes. Même dans un jardin aussi magnifique, un départ reste un départ. Un vertige reste un vertige et la peur du néant n’est guère atténuée par la douceur d’un décor.

Incapable de savoir combien de temps s’était écoulé, le cavalier prit une dernière fois les mains de son aimée dans les siennes. Il plongea un dernière fois ses yeux dans les siens, puis s’en fut.
Son cheval noir le porta au loin.

La femme marcha tel un automate jusqu’à la roseraie. Au milieu des centaines de roses rouges, il y avait une seule rose noire. Elle la coupa et lui ôta les pétales uns par uns. Ceux-ci furent emportés au loin par le vent.


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La mujer puso la mano sobre la grupa del caballo y miró al jinete.


-          ¿Cuándo volverás? preguntó
-          No lo sé. En cuanto antes.

El hombre bajó de su montura y besó la mano que le fue tendida. La pareja se besó una y otra vez.

Los susurros se mezclaron con las lágrimas. Aun en un jardín tan hermoso, una partida sigue siendo una partida. Un vértigo sigue siendo un vértigo y el miedo a la nada apenas está atenuado por la suavedad del lugar.

Incapaces de saber cuánto tiempo había transcurrido, el jinete cogió una última vez las manos de su amada en las suyas. Hundió una última vez sus ojos en los suyos, luego se marchó.
Se caballo negro lo llevó a lo lejos.

La mujer anduvo como un muñeco hasta la rosaleda. En medio de centenares de rosas rojas, se encontraba una única rosa negra. La cortó y le quitó los pétalos uno por uno. Se los llevó el viento a lo lejos. 

miércoles, 8 de diciembre de 2010